Les grands orateurs

Les grands orateurs du congrès 2018

Afin de favoriser le partage des connaissances, d’expériences et de réflexions sur les enjeux mondiaux en lien avec le développement des pratiques soignantes, le SIDIIEF vous propose des conférences d’experts internationaux de renom qui aborderont différents thèmes d’intérêt.

Francine Ducharme

Lundi 4 juin 2018 | 11 h à 11 h 45

Vers un leadership politique des infirmières ou … comment faire une différence ?

Francine DUCHARME, infirmière, Ph. D.
Doyenne, Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal
QUÉBEC, CANADA

Biographie
Francine Ducharme est doyenne et professeure à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal (Québec, Canada). Jusqu’en 2015, elle a été titulaire d’une des premières Chaires de recherche en sciences infirmières au Canada.

Résumé de la conférence
Les infirmières peuvent-elles démontrer leur contribution à la qualité et à la sécurité des soins ? Sont-elles convaincues qu’elles peuvent faire une différence ? Perçoivent-elles avoir une influence sur les prises de décision en matière de santé ? En bref, ont-elles un leadership politique ? Et comment l’utilisent-elles au profit des personnes, familles et collectivités avec lesquelles elles transigent dans leur quotidien ?

Après avoir proposé une vision du concept de leadership politique sur les plans local, national et international, certains facteurs de réussite, de même que certaines entraves à ce leadership, seront discutés. Développement de nouveaux rôles infirmiers, pratique basée sur des résultats probants, rehaussement des compétences par la formation seront parmi les stratégies proposées pour « faire une différence ». Cette présentation sera l’occasion de partager quelques réflexions et expériences concernant le potentiel du leadership politique pour inspirer et inciter des changements dans la pratique, la formation et la gestion des soins.

Sean CLARKE

Lundi 4 juin 2018 | 11 h 45 à 12 h 30

Pratique infirmière avancée : leçons tirées de 40 ans d’expérience nord-américaine

Sean CLARKE, infirmier, Ph. D.
Vice-doyen aux affaires du 1ᵉʳ cycle et professeur titulaire, William F. Connell School of Nursing, Boston College
BOSTON, ÉTATS-UNIS

Biographie
Sean P. Clarke est professeur et vice-doyen à la William F. Connell School of Nursing du Boston College (États-Unis). Infirmier praticien spécialisé en cardiologie, il a complété sa formation de chercheur en sciences infirmières à l‘Université McGill (Québec, Canada) et à l’University of Pennsylvania (États-Unis). Avec plus de 20 années d’expérience académique, Sean P. Clarke est une référence internationale pour la qualité des soins et la sécurité des patients. Ses travaux portent sur les environnements de travail, l’organisation des services infirmiers et leurs impacts sur des résultats cliniques. Il collabore avec des chercheurs canadiens, américains, et européens pour étudier et influencer les politiques de santé.

Résumé de la conférence
La pratique infirmière avancée a énormément évolué partout à travers le monde. Depuis plus de 50 ans, elle s’est formée autour de spécialités qui ont elles-mêmes plus de 100 ans. Cette présentation tracera l’histoire et le futur de la pratique infirmière avancée, particulièrement aux États-Unis et au Canada. Nous examinerons plus étroitement comment certaines forces sociales, économiques et politiques ont influencé l’émergence et l’évolution des rôles de pratique avancée. L’accent sera mis sur les succès, les défis et les leçons tirées de l’expérience pour les cliniciens et les leaders qui souhaitent améliorer les soins aux patients et le futur de la profession infirmière dans leur pays.

Catherine TOURETTE-TURGIS

Mardi 5 juin 2018 | 14 h à 14 h 45

L’université des patients : Diplômer des malades et participer à l’émergence de nouveaux métiers dans la santé

Catherine TOURETTE-TURGIS
Qualifiée Professeur des Universités, UPMC – Sorbonne Universités
Fondatrice, Université des patients
Chercheure, Centre de Recherche sur la Formation (CRF-CNAM)
Vice-présidente, Conseil des formations, École des hautes études en santé publique (EHESP)
FRANCE

Biographie
Praticienne-chercheure universitaire engagée dans la lutte contre le SIDA depuis les années 80, Catherine Tourette-Turgis, professeur des Universités à la Faculté de médecine de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris (France) a fondé l’Université des patients en 2010. Ce dispositif innovant consiste à diplômer des malades et à les aider à trouver de nouvelles voies de professionnalisation dans le champ de la santé. À ce jour, l’Université des patients propose trois cursus diplômants : un diplôme universitaire en éducation thérapeutique, en mission accompagnateur du parcours patient en cancérologie et en démocratie en santé.

Hakima HIMMICH

Mardi 5 juin 2018 | 16 h 45 à 17 h 30

Infirmières et infirmiers : quel rôle dans l’éradication de l’infection à VIH en Afrique francophone ?

Hakima HIMMICH
Présidente, Coalition Internationale Sida PLUS

Biographie
Pr Hakima Himmich, ancienne interne des Hôpitaux de Paris (France), infectiologue, est présidente de Coalition Internationale Sida PLUS et de l’Association marocaine de lutte contre le SIDA (ALCS). Elle a été membre de nombreux comités (Fonds Mondial, OMS, ONUSIDA, AFRAVIH, ANRS). Elle est membre des conseils d’administration d’AIDES et de Sidaction.

Résumé de la conférence
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ONU-Sida ont invité tous les pays à déployer des efforts soutenus pour atteindre les cibles de développement durable à l’horizon 2030, plus particulièrement en ce qui a trait à l’éradication de l’épidémie du VIH/SIDA. Ils soutiennent l’objectif mondial de traitement 90-90-90, soit que 90 % des personnes atteintes du VIH connaissent leur séropositivité; 90 % des personnes atteintes du VIH sont sous traitement antirétroviral durable; et que 90 % des personnes sous traitement antirétroviral ont une charge virale supprimée. Pour atteindre cet ambitieux objectif, l’accès élargi et précoce au traitement antirétroviral (ARV) est au cœur d’un nouvel ensemble de cibles à mettre en place. Or, d’après un rapport de MSF, les pays d’Afrique francophone ont pris beaucoup de retard par rapport à ceux d’Afrique anglophone. En Afrique de l’Ouest et du Centre, le nombre de nouvelles infections est encore supérieur au nombre de personnes mises sous traitement.  Les services de dépistage du VIH restent très limités et en 2015, cinq millions de PVVIH ayant besoin d’un traitement antirétroviral (TAR) ne le recevaient pas. L’une des raisons du retard en matière d’accès aux TAR en Afrique francophone est la résistance à la délégation de leur prescription et du suivi par les infirmières et les infirmiers. Parmi les les stratégies et pistes novatrices d’action concernant la lutte contre l’épidémie du VIH-SIDA d’ici 2030, le développement de rôles infirmiers avancés et la coordination des parcours de soins par ces derniers afin d’assurer une prise en charge globale des patients infectés au VIH devient un enjeu important.

Yves DACCORD

Mercredi 6 juin 2018 | 9 h 45 à 10 h 30

De Paris à Damas, la fin de l’humanitaire international ? Perspectives pour essayer de comprendre le 21ᵉ siècle tel qu’il s’impose à nous

Yves DACCORD
Directeur général, Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
SUISSE

Biographie
Yves Daccord est licencié en sciences politiques. Il est entré au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en 1992 après une première carrière de journaliste. Il a travaillé en Israël et dans les territoires occupés et les territoires autonomes, au Soudan, au Yémen, dans le Caucase du Nord et en Géorgie. En 1997, il a rejoint le siège du CICR comme chef adjoint de la Division de la promotion du droit international humanitaire. En 1998, il est devenu chef de la Division de la communication, puis directeur de la communication en 2002, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa nomination au poste de directeur général en 2010.

Résumé de la conférence
L’action humanitaire s’est beaucoup développée cette dernière décennie de par le monde et bénéficie d’un fort soutien. Elle reste, aux yeux du public et dans les médias, une action de solidarité souvent liée à une catastrophe précise, comme le Tsunami en 2004 ou à un incident tragique particulier, comme la mort d’Aylan sur une plage turque en 2015. La réalité de l’action humanitaire internationale est cependant plus complexe et se déroule souvent dans des situations de crise qui durent des années, voire des décennies, comme en Syrie, en Somalie, en Palestine, en République démocratique du Congo ou encore en Afghanistan. L’action humanitaire internationale est basée aussi sur le fait qu’il s’agit souvent d’aider des personnes, des communautés, des populations entières affectées par les désastres naturels ou les guerres « là-bas, loin de chez nous ». Or, depuis quelques temps, les problèmes de « là-bas », de ces crises humanitaires et politiques lointaines, deviennent soudain « nos » problèmes, l’illustration la plus frappante étant la Syrie et le drame qui s’y joue qui, à cause d’un flux migratoire rapide, s’est imposé d’un jour à l’autre au coeur de nos préoccupations du moment. Dans cet environnement changeant, incertain, anxiogène, où les États semblent incapables de proposer des solutions collectives, y-a-t-il encore de la place pour penser l’autre, l’étranger et se mobiliser pour l’aider ? Va-t-on assister à la fin de l’humanitaire ? Que doit-on apprendre de ces temps de crise pour appréhender notre 21ᵉ siècle ?

Odette MWAMBA-BANZA

Mercredi 6 juin 2018 | 15 h 45 à 16 h 30

Leadership et empowerment infirmier pour exercer un impact sur la sécurité des patients et la qualité des soins – l’expérience de la République démocratique du Congo

Odette MWAMBA-BANZA, infirmière, L. sciences infirmières, option enseignement et administration des services infirmiers
Directrice des soins infirmiers, Clinique Ngaliema
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Biographie
Depuis 1999, Odette Mwamba-Banza est directrice des soins infirmiers à la Clinique Ngaliema, en République démocratique du Congo (RDC). Grâce à son leadership et son dynamisme, elle a fait de la direction des soins infirmiers de la Clinique Ngaliema un modèle de développement professionnel. Elle est reconnue comme une femme engagée et impliquée au sein de sa communauté. Elle est membre du Conseil économique et social de la RDC et présidente de la Commission santé, affaires sociales et affaires culturelles. Elle est également secrétaire nationale chargée des relations publiques et internationales de l’Ordre national des infirmiers du Congo et présidente de l’Association nationale des soins palliatifs en RDC. Elle est lauréate de plusieurs prix, dont un Prix Reconnaissance du SIDIIEF décerné en 2015.

Résumé de la conférence
En 2015, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a invité le monde à endosser un ensemble d’objectifs de développement durable pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous dans le cadre d’un nouvel agenda à l’horizon 2030. Pour que les objectifs soient atteints, chacun doit faire sa part : les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les professionnels de la santé. Ce nouveau programme amène une pression supplémentaire sur les ressources humaines en santé pour assurer notamment une couverture sanitaire universelle. La profession infirmière, partout dans le monde et particulièrement sur le continent africain, a le potentiel pour transformer les soins et les services de santé et améliorer la santé des populations.

Dans la plupart des systèmes de santé, les infirmières et les infirmiers forment le groupe de professionnels le plus important, assumant jusqu’à 80 % des soins de santé primaires. En Afrique, les infirmières et les infirmiers assurent, la plupart du temps, le premier accès aux soins de santé, particulièrement dans les dispensaires, les centres et les postes de santé. Ils doivent ainsi répondre à un ensemble de besoins de santé fort diversifiés, à caractère individuel, familial ou collectif, recouvrant toutes les étapes du cycle de vie et faisant appel à un répertoire varié de compétences professionnelles. Les infirmières et les infirmiers sont des intervenants de premier plan qui, lorsqu’organisés, peuvent assurer un impact positif sur les transformations des systèmes de santé.

À partir de l’expérience de la République démocratique du Congo, cette conférence traitera du leadership infirmier dans un contexte de changement, de l’importance de l’empowerment des professionnels comme levier de mobilisation et moyen d’agir à la portée des infirmières et des infirmiers pour transformer les soins de santé en accord avec les standards internationaux en soin infirmier.

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